(Ajoute les commentaires de Dick Advocaat, bien lire 28 tirs §6)
par Lori Ewing
La petite équipe de Curaçao a arraché samedi un match nul 0-0 face à l’Équateur, remportant ainsi le premier point de son histoire en Coupe du monde, grâce à une performance exceptionnelle du gardien Eloy Room qui a permis à l’île des Caraïbes de célébrer une journée historique. Six jours après avoir subi une humiliante défaite 7-1 face à l'Allemagne pour ses débuts en Coupe du monde, Curaçao – la plus petite nation ayant jamais atteint la phase finale, avec une population d'environ 156 000 habitants – a fait preuve d'une grande ténacité pour contrarier les Sud-Américains et maintenir ses espoirs d'accéder aux seizièmes de finale.
Eloy Room, âgé de 37 ans, a été la figure incontournable de la rencontre, réalisant 15 arrêts et manquant de peu le record de la Coupe du monde de 16 arrêts établi par Tim Howard des États-Unis en 2014, alors que son équipe résistait à une pression soutenue. Ce résultat figure parmi les plus beaux moments de l'histoire sportive de l'île.
"Je dois encore digérer tout ça," a déclaré le gardien. "J'ai grandi dans le match, nous avons tous grandi. C'était un effort collectif. Nous nous sommes battus, battus jusqu'à la dernière minute."
Ce match nul, qui a confirmé l'Allemagne en tête du Groupe E, a été un coup dur pour l'Équateur — qui arrivait au tournoi fort d'une série de 19 matchs sans défaite — et pour ses supporters, qui sont restés déçus face aux occasions manquées, leur laissant un seul point en deux matchs.
L'Équateur a toutefois bombardé le but de Curaçao de 28 tirs contre 10 pour ses adversaires et les supporters de Curaçao ont poussé un soupir de soulagement lorsque Angelo Preciado a vu son tir lointain heurter la barre transversale de leur but en fin de match.
L'Équatorien Enner Valencia a eu une énorme occasion dès la 3ème minute, mais le gardien, qui évolue au Miami FC dans l'USL Championship, a plongé pour détourner le ballon à côté du poteau d'une spectaculaire parade d'une main.
Eloy Room a ensuite multiplié les arrêts face à l'Équateur, transformant peu à peu la frustration en incrédulité dans les rangs sud-américains et chez leurs supporters.
Le coup de sifflet final a été accueilli par les célébrations des joueurs de Curaçao, qui se sont précipités vers Eloy Room, ravis, tandis que les supporters équatoriens restaient figés dans un silence stupéfait, conscients qu’un match qu’ils étaient censés remporter leur avait échappé.
Lorsque la FIFA a décidé d’élargir la Coupe du monde de 32 à 48 équipes, les détracteurs avaient averti que le tournoi risquait d’être dilué par une vague de matchs déséquilibrés et de scores sans appel.
Si la défaite écrasante de Curaçao face à l'Allemagne semblait corroborer cet argument, sa prestation déterminée contre l'Équateur a apporté une nouvelle preuve que l'écart entre les puissances traditionnelles du football et les nouveaux venus n'est peut-être pas aussi grand que certains le croient.
Dick Advocaat, le sélectionneur de 78 ans de Curaçao, a souligné que l'accueil chaleureux réservé aux joueurs sur l'île après la défaite contre l'Allemagne avait marqué l'équipe et contribué à nourrir leur réaction face à l'Équateur.
"Ils se sont battus comme des lions," a-t-il déclaré.
"Bien sûr, ne pas avoir pu marquer ce soir crée un malaise," a ajouté l'entraîneur argentin de l'Équateur, Sebastián Beccacece. "Ce n'est pas encore terminé."
(Reportage de Lori Ewing; version française Sarah Morland)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer